Historique
Le village de Roquemaure, à 15 km d'Avignon, sur la rive droite du Rhône, est le lien entre le Languedoc et la Provence.
Au 14e siècle, Roquemaure était le port le plus important de cette partie de la rive droite du Rhône.
La collégiale (style gothique languedocien) Saint Jean Baptiste et Saint Jean l'Evangéliste, a été construite en 1329
sur la décision de Bertrand, cardinal de Pujet, neuveu du pape Jean XXII.
Il est bien connu que la fameuse chanson française "Minuit Chrétien", dont les paroles ont été
écrites par Placide Cappeau de Roquemaure, fut interprété pour la première fois le 24 décembre 1847, dans
ce lieu.
Depuis le 23 octobre 1868, l'église abrite les reliques de Saint Valentin, "Patron des Amoureux", afin de protéger les vignobles
du phylloxéra qui s'est répandu en France pour le première fois en 1864.
L'orgue a été construit en 1690 par les frères Jullien de Marseille pour l'église des
Cordeliers d'Avignon.
Demeuré inconnu pendant des siècles, un devis établi pour le couvent des Cordeliers d'Avignon
fut découvert en 1965, permettant le rapprochement entre ce document et
l'instrument de Roquemaure.
L'ancien orgue de 1642 des Frères Eustaches brûla pendant la Révolution française
et fut remplacé par celui-ci, qui fut probablement vendu à Avignon comme bien national
et acheté par le conseil de fabrique de Roquemaure.
La facture de cet orgue, dont certains éléments sont construits sur des techniques du
Moyen-Age, en fait un instrument d'une rare qualité.
De nos jours, il est l'objet d'études de la part d'organistes renommés ainsi que
d'écoles de facteurs d'orgues.
Il contient probablement le plus important ensemble de tuyaux originaux datant du 17e siècle
et est classé monument historique.
De nombreux enregistrements réalisés par des maîtres organistes l'ont rendu célèbre dans le monde entier.
Le buffet décoré avec ses deux tours date du 18e siècle et contient le millier de tuyaux de cet instrument.
La conception et la sonorité de cet orgue sont très particulières.
La structure de l'orgue est de type espagnol, avec des sommiers séparés pour les basses et les dessus,
des jeux coupés et une faible étendue pour le pédalier, avec seulement huit notes.
La "Tierce" est de taille étroite, jeu rarement rencontré dans les instruments français du 18e siècle.
Les tuyaux, en métal laminé, de type italien, sont très bien conservés.
Des jeux d'anches très puissants, caractéristiques et se mariant à merveille, permettent tout particulièrement l'interprétation de la musique baroque
française, espagnole, et même italienne.
L'orgue a été restauré par l'Atelier de Facture
d'Orgues, Pascal Quiorin
en 1988-89.
Le buffet a été restauré par la société Férignac.
L'instrument est en très bon état.
Traduction: Jocelyn Druel
A suivre...